Créer un site internet
Site non officiel de Fernand Donal, écrivain non académique de nos jours

Le "Pseudo-Donal" / Liste des oeuvres

  Selon l'us dissimulé, cet opuscule en attente d'authentification se présente comme la seconde partie d'un précédent fantôme et énigmatique. Il a dernièrement donné lieu à plusieurs conjectures -autant d'apories- rivalisant d'invraisemblances de la part de rédactions désarçonnées et divisées qui, si l'on en croise les comptes-rendus et les surenchères, sans que personne n'ait osé se ranger à pareille opinion ou songé à la pousser si avant, le donnent pour apocryphe de la main même de son auteur. A-t-il pu s'"auto-falsifier", est-ce un jeu d'identité ou simplement une fausse piste ? Lui est-ce faussement attribué, devons-nous parler d'une fraude (usurpation d'identité, théorie du plagiat ?), s'agit-il d'un inconnu dont le pseudonyme est commun à notre auteur ou de ce dernier lui-même qui, nous l'aurions ignoré, écrirait sous un nom d'emprunt ? Un syllogisme de ce "Pseudo" pourrait préciser les choses : ce qui est faux est peut-être simplement qu'il soit faux, s'il est vrai ; il serait donc faux au titre qu'il est vrai (qu'il est faux). Il aurait donc écrit un "pseudo" original mais non pas véritable puisqu'il est vrai, bien de sa main. Ne prononce-t-il pas cette tautologie : tout fabuliste fait une autocitation apocryphe ? L'élucidation du mobile d'un stratagème indémontrable et finalement profitable à l'auteur est un point dont on parle peu. Cernant difficilement la différence entre les diverses hypothèses mises dos à dos et s'appuyant entre elles, spécifiquement leur utilité au sein d'un compte-rendu si général, nous traiterons cet écrit comme si de rien n'était... ...des développements sont annoncés, des rétractations, plus que probables. Cette philosophie jusqu'au bout de son nez est constituée d'aphorismes quelquefois étayés, d'autres fois relayés, et dont la bieveté à d'autres endroits rend l'unité somme toute problématique. Là où la fragmentation des oeuvres antiques est due aux circonstances extérieures et historiques, les fragments, ici organisés en pièces de puzzle ( "est-il reconstitué ordonné ou en désordre?", nous interpelle, à un endroit presque impossible à retrouver, l'auteur... quand il n'évoque pas plusieurs puzzles possibles à partir des mêmes pièces, c'est-à-dire l'anamorphose), sont posés en restes non avérés formant une discontinuité toute aléatoire. A certains moments, lorsque prévenus préalablement de ne pas négliger les non-choix de l'homme, l'analogie semble régir l'ordre : répondant à l'accusation critique d'une déforestation, dans le fragment suivant se fait ainsi jour, par une vie prise en chemin, la question d'un retour possible sur un avenir que l'on aurait laissé passer par un choix en épingle: entre débrousaillage jusqu'à la sortie, en un point de la carte, et rebroussement de chemin, vers un lieu plus énigmatique encore.   

  Conseiller en relations humaines (par exemple, resurgir dans le champ visuel de la personne dans la mémoire de laquelle on aimerait faire resurgir une donnée importante), il l'est aussi en carrière, étant en faveur de l'apprentissage (qui, dit-il, depuis que la philosophie et la sorcellerie l'ont abandonné, a beaucoup perdu en crédit) comme mise à l'essai inversée voire comme fin en soi, indéfiniment cumulable, chacun valant en soi-même la peine d'être accompli, ce pour dessiner le raccourcissement carriériste, avec un raisonnement par l'égalité (assez semblablement au tennis) : choisir des activités de plus de plus en courtes vers la retraite. Le chemin doit déterminer le but. Si philosopher est apprendre à vivre (ou à mourir, selon les sages), nous sommes d'apprentis philosophes susceptibles d'erreur mais, également, par trop d'esprit, capables de désapprendre ce qui nous est naturel et inné. Il s'agit d'être sage à la mode de son époque: de toute activité, même la plus inintéressante, on doit développer des dons et des "sens" et n'y pas s'y réduire, ne pas être aliéné. Rééducateur (revenu au domaine éducatif et/ou refaisant sa propre éducation?), il insiste avec véhémence sur le lien entre corps et âme, sur la nécessité, pour revenir au point zéro du corps, de revenir au même point au niveau de l'esprit (est-ce vraiment une perte de temps?), entreprise risquée s'il en est apparemment. De là à avancer que la sagesse consisterait à osciller, sans ciller, autour de ce point, il est un pas que l'auteur laisse au lecteur le choix de franchir.

  La déchéance, dont nul n'est immunisé contre y compris qui n'a pas connu gloire de mémoire d'homme, propre à l'humain et au divin, est ré-envisagée comme un point d'évolution et, à ce titre, recommandée précocement, à titre d'expérience, si possible plus avant la naissance que la mort. Par parenthèse, il est expliqué qu'il y a un sentiment de la déchéance qui ne l'est pas tout à fait, laquelle serait en actes la contradiction des valeurs que l'on défendait ou que l'on défendrait et viendrait de n'avoir pu se maintenir dans une forme d'intégrité ou dans la pureté d'un désespoir qui serait tension et qui amènerait à la dépression. S'il est toujours regretté d'en faire l'épreuve et de la voir venir, il l'est toujours davantage de ne l'avoir éprouvée plus tôt. Il est tout à fait intéressant qu'en voulant nous en préserver, nous contribuions à précipiter cet "avènement d'après", et qu'il en aille du fondement intérieur de notre personne et partant d'un possible effondrement (non explicitement sollicité), lesquels sont probablement plus illusoires que nous voulons bien le croire tout comme d'une certaine façon le temps antérieur. La déchéance ou son pressentiment sont ainsi couplés à une progression. L'auteur s'intéresse au registre de la personnalité, à ce qui la fonde et à sa possible réorientation (à ses dangers) mais aussi à un concept relativement absent de la littérature: celui de la conscience d'auteur (selon qu'il ait, ou non, publié, ce qui peut expliquer son retrait), plus ou moins chargée, affligée, en proportionnalité avec ses réalisations ou ses inaccomplissements. Un sophisme de l'époque, visible dans bien des domaines, veut que l'on vive en auteur inabouti, fauteur, sans vraiment en faire oeuvre, ayant négligé de commencer par le commencement. Vivre en auteur, à défaut de l'être, c'est à dire d'avoir la propriété d'être "biographé" sans même avoir fourni, d'être un auteur à auteur, au second degré. Ne dit-il pas qu'au cas où on lui demanderait son autobiographie, ne sachant peut-être par où commencer, une page blanche serait ce qu'il y a de plus authentique ?

  Il vaut mieux aller à l'encontre de ses idées et de ses valeurs, même si c'est une manière de déchéance ou de compromission plus ou moins grave, que de dédire son coeur y compris par de vraies valeurs, par le retour des idées (ou par le recours à elles). Il est plus grave de fausser le coeur, et de ne plus pouvoir aimer naturellement, que de vicier l'esprit : l'un est à réhabilter avant l'autre.   

  Ceci étant, le regret, état ou ouverture philosophique par excellence, en position finale, avec une note de plénitude, serait éclairant, astre grâce auquel diriger notre destinée : de nouveau arpenter un mauvais chemin, puisqu'il reste une possibilité de s'y retrouver, constitue virtuellement une sorte d'orientation pour s'en détourner. Le regret vaut donc notamment par sa sincérité et son désinteressement, justifie son objet, le rachète et lui donne raison d'être, est l'oeuvre de toute une vie, et enfin, est sans remords. La fausse route étant justifiée par avance, le regret final étant aperçu grâce à une longue vue, il n'est pas la peine de l'emprunter.      

  Le titre, on l'aura compris, se sert d'une formule stigmatisant les vues courtes à une fin de mise en situation des temps difficiles, quand il faut être philosophe ou jamais, et que, privés semble-t-il de longue vue (de la notion du regret ?), nous devons déterminer notre conduite et nos principes, dans le flou ou l'obscurité. A quelles heures la nuit tient-elle conseil ? Toujours est-il que cette philosophie, simple en apparence ( voir la section "Vivre de son art" qui traite d'un art de vivre et d'un horizon de vie qui se couche jour après jour) stipule que si le bonheur est peu de choses, nous ne sommes jamais que malheureux de peu, voire de rien.

Pourfendeur et chantre du suicide : le suicide (raté ?) s'imposerait de lui-même dans la liste des choses indispensables à faire avant de mourir. De sorte que ce voeu ait, magique, la vertu de ne pas être soumis aux lois de la causalité de manière à l'accomplir en futur rescapé. Cet argument contre comme tous vaut peu : toujours est-il qu'avant de se suicider faudrait-il être sûr d'avoir fait les expériences indispensables d'une vie, né ou non pour rien. Se tuer, n'est-ce pas toujours laisser une voie inentamée, même une possibilité de non-vie ? Raison même pour laquelle on y inclinerait, argument donc réversible. D'un point de vue plus sociologique que métaphysique, le suicide échouant presque toujours sur une conscience, il faudrait démarcher pour le commettre, augmenter l'échelle de l'événement, requérir des autorisations, voire des fonds d'investissement, prévenir, entrer en intelligence avec son entourage et la communauté pour finalement - sinon compris- ne plus (être si obligé de ) le réaliser mais vivre indéfiniment libre, grâce à un capital ouvert, dans une autre temporalité, avoir un droit de retrait et de suspension plutôt notamment que de devoir aller jusqu'au bout ayant été pris dans sa propre spirale. Ce droit à la suspension du cours de sa vie, supposé illimité n'occasionnerait-il pas quantité de dérives et selon certains, d'assistanat pour faire cesser l'assassinat ? En quoi la démarche d'un spectacle (une reconversion dans la société du spectacle) résoudrait-elle positivement ce cas de figure ? Alors, peut-être, en tout cas, l'absurde d'une position ainsi devenue et où nous nous sommes jetés, nous fera revenir à une vie plus réglée, moins dramatisée, pour ne pas dire active, quand bien même en désaccord avec (cette impossible solution est la réponse à une vie devenue impraticable). Or il faut bien admettre ceci : impossible d'en faire la publicité et d'invoquer une telle position sans venir à essayer de le commettre tant il est important de s'achever, et il ne serait probablement pas admis, promesse étant faite que cette démarche, initiée, et dont on a fait profession, forme d'obédience, ne trouve pas son exécution. Nous n'aurions presque pas le droit à cette marge, ce qui est dommageable. Un suicide peut-il être doux ou indolore, peut-on, selon une expression empruntée, "s'euthanasier"? Est-ce le devoir de la médecine que de domestiquer une mort qui ne peut être éludée ? Sur cette thématique encore, si le passage à l'acte n'a pas une grande fulgurance (et comment expliquer la traversée d'une flamme qui fait déboucher dessus ?), s'il y a un examen d'une telle décision pour ne pas dire d'une telle résolution, la réalisation, qui procède d'une logique d'accord et de la cohérence avec soi-même, veut que l'on passe par le fait que l'on se serait, soit toujours, soit jamais, suicidé, en dépit de ce qui est vraiment, en dépit du choix fait. D'une immortalisation. Se suicider, de ce point de vue, c'est en revenir au même, un point fixe qui engage à une relecture du destin (quand on ne le fait pas bifurquer). Idée reçue dans une situation donnée, le suicide n'est peut-être jamais que son suicide et le regarder en face comporte le danger de ne plus pouvoir en détourner les yeux. Il viendrait d'un empressement dû à notre impossibilité -pour ne pas dire impropriété-  d'attendre la fin. Ce n'est là que théorie car on ne soupçonnera jamais assez à quel point le mal-être, l'impossibilité d'exister et la dimension extraordinairement tragique de s'ôter la vie peuvent être fortes.

Comment celui qui, faute de pouvoir se reconnaître soi-même, s'étant perdu, passible de folie passable, pourrait-il se confesser alors qu'il ne ment pas ?

Une vertu est la temporisation qui combat le catastrophisme.                                          .

"Moi-négatif", l'auteur, "panseur" aux pages palimpsestes ayant mis le paradoxe en système, fait une sorte de bilan par le biais du groupe sanguin, appartenance biologique. Il utilise également l'identité sanguine à des fins plus sentimentales :"je t'aimerais A -". La quête du moi qui devait trouver successeur en celle de "l'anti-moi", vue d'après vue d'avant, se voit ajournée par un rééquilibre: ce ne fut qu'avant le début. 

 

 

 

 

Œuvres rapportées

Satire

L’affaire des fausses « fausses ordonnances »* (1999)

Romans

Un mari marri (1994)

La vie est un cours d’eau tumultueux (2004)

Roman policier

Le disparu du cercueil (1997)

Poésie              

A l’article de la vie (1989)

Opuscule: Philosophie jusqu'au bout de son nez (Vivre de son art de vivre, Dépossession de personnalité, Avenir lointain, S'accepter s'acceptant).

Essai

Courts-essais (2006)

(-Pour ou contre l’autoritarisme, en politique et dans la vie de famille (ST: Le principe des principes à géométrie variable)  ; -Les volte-face de la pensée ; -L’achèvement des morts ; -Le vrai génie d'Izambard; -Cioran fils spirituel ; -Le réalisme dépasse la fiction;  -Sur le vote à bulletin secret voté à mains levées; -La perdition sans déperdition en général et dans la vie de l’artiste, -Diogène : le faux est-il seul falsifiable?, - L'étude et l'oeuvre; -A l’hypocondriaque ( ST : au semi-hypocondriaque ou au maudit coupé des choses élémentaires), A l’inaccompli: non converti; - Manque d'amour à la folie (ST : ou manque d'amour destructeur)). -L'Après-Hume

*l'intitulé pose problème. Il semble bien que le qualificatif "fausses" ne soit pas originellement doublé. Il s'agirait d'une erreur reproduite, et par conséquent plus difficile à gommer.