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Site non officiel de Fernand Donal, écrivain non académique de nos jours

A sa propre poursuite

 

 

Quoi d’autre qu’un site non officiel pour cet écrivain ô combien non officiel?  Poète subliminal, romancier vivant, court temps essayiste, pourfendeur du suicide et depuis aux abonnés absents, qu'y a-t-il derrière ce cheminement, quelle recherche en cache?

 

Il ne saurait s’agir d’une présentation ou d'une étude exhaustive de l’auteur et de son œuvre, lesquelles, ne nous le cachons pas, requerraient les services d'une intelligence faisant autrement plus autorité. Aussi, pour tous les contre-sens probables et inévitables ( nous dirions bien que l'oeuvre en est génératrice, mais pouvons-nous le lui imputer exclusivement?), libertés interprétatives ou insuffisances, nous tenons à présenter nos excuses auprès de l’auteur et aux lecteurs plus avertis. Nous sommes pionniers et notre but n’a jamais été que d’aider à la reconnaissance de cette oeuvre, bien avant celle de notre travail qui devra être repris du début, voire rayé. Merci. Nous laisserons donc, en ce sens, à des juges plus avisés le soin de se prononcer sur les mépris de l'auteur, entêtés comme affichés, fondateurs d'un quasi-anonymat bien gardé, ainsi que sur certaines de ses fantaisies. En revanche, après l'avoir mieux compris, nous revenons sur notre position de ne pas commenter le court essai intitulé Les Volte-face de la pensée (Courts essais 2006) .

Pour être tout à fait francs, nous refermons ses livres avec un certain soulagement, en raison de l’atmosphère souvent pesante qui y règne. Lorsqu'il évoque, au sens figuré comme au sens propre, son passé composé et son style imparfait, (lumineux, ampoulé?) nous goûtons sur notre rive l'astreinte qu'il nous propose, à l'origine celle des personnages développés. Ces derniers, que la lecture élève au statut de "ressortissants du réel", prennent existence sous leurs propres yeux et sous les nôtres, semblant alors à portée de mains au-delà du livre avant que ne s'opère un chassé-croisé qui nous projette dedans, bien que nous le lisions, à leur même place. Sans les avoir davantage saisis, ni accrochés. La vie est un cours d'eau tumultueux produit mieux que tout autre roman cet effet. En était-ce l'objectif?

Ses rares confidences, "On ne peut pas regretter toute sa vie" ou, un rien définitif,  "il y a encore et toujours "rien" à redire", ne donnent guère de nouvelles satisfaisantes de cet auteur d'inspiration libre en passe d'incarner le culte qu'il voue à la rareté. Les éléments biographiques ne pleuvent pas : L’affaire des fausses « fausses ordonnances » (1999), stipulée autobiographique, est trop extravagante pour l'accepter ainsi stricto sensu. A contrario, nous pensons que ces éléments font boule de neige à travers d'autres œuvres, surtout ses romans Un mari marri et La vie est un cours d’eau tumultueux. Espacés de dix ans, soit la différence d'âge entre Félicien et Firmin (personnages principaux de ces romans), le second nommé ressemble à une hypothèse d'évolution du premier, hypothèse rendant compatible une identification de l'auteur avec ses héros au fil du temps. Un poème paru en 1989, Isolation, accrédite ce fil théorique qui attribue à Donal bientôt l’âge de soixante ans. "A la poursuite de soi-même", comme pour échapper à ses propres foudres, à l'institution du retard en chef d'accusation, est-il seulement rattrapable par quelque autre?

Donal a mis un point d'honneur au financement d’une grande partie de son œuvre, au nom d’une déontologie ( ?) qu'il reste à éclaircir (écrivain à son compte ne voulant ou ne pouvant vivre de son art?). Cela en a desservi la distribution, frappant d'indisponibilité la plupart de ses ouvrages. Certaines dates de parution font débat, particulièrement pour le premier, mais cela semble complètement résolu (voir l’explication à la page A l'article de la vie). L’autre cas concerne Le disparu du cercueil que l’on peut dater soit de 1997 soit de 1998, années sur lesquelles l'action se situe à cheval. Un heureux hasard selon nous.

Nous allons maintenant procéder en ordre dispersé à la présentation de ses livres. Tous ne sont pas équitablement représentés, beaucoup moins par insensibilité ou par souci d'une préservation de notre intégrité morale que par manque de temps face à une oeuvre si éparpillée ou, globalement, pour synthétiser (une fois n'est pas coutume), parce que nous n'avons pas toujours su comment entrer en contact avec ces textes (matériellement, certes, mais surtout intellectuellement). Dans la mesure de nos moyens et de nos fondamentaux, nous pallierons ces manques. Evidemment, toute contribution de votre part sera entendue.